Brand Strategy

Capelli a habillé une équipe de Coupe du Monde. L'argent est dans le maillot que personne ne photographie.

Le maillot de Capelli pour le Cap-Vert à la Coupe du Monde sera la chose la plus photographiée que la marque produira cette année, et l'une des moins importantes pour ses comptes. Les revenus reposent sur un approvisionnement peu glamour de clubs amateurs qu'aucun appareil photo ne suit.

A spotlit Cape Verde jersey mobbed by press photographers while shadowed warehouse racks of plain Capelli Sport amateur-club kit stand ignored behind them.

Sir John Crabstone

Capelli Sport habillera le Cap-Vert lors de la première Coupe du Monde du pays, et le maillot a déjà été dévoilé et photographié sous tous les angles. Le pan de l’entreprise qui génère réellement l’argent n’a jamais été photographié une seule fois. Capelli fournit des clubs amateurs, et il le reconnaît sans la moindre gêne.

Le football amateur est le « pain quotidien » de l’activité, a indiqué la direction européenne de Capelli à FashionUnited cette semaine. L’Allemagne est le premier marché, desservi par une équipe commerciale interne qui démarche les clubs de la deuxième division jusqu’aux équipes de district que personne en dehors du district ne connaît. L’ensemble de la division sport réalise un chiffre d’affaires d’environ 85 millions de dollars par an. Le contrat avec le Cap-Vert vient s’y ajouter. Ce n’est pas lui qui l’a construit.

Capelli a nommé le métier qui comptait, puis a regardé la presse photographier l’autre.

L’éclat est vif, et la marque ne l’a pas allumé. Le Cap-Vert est la troisième plus petite nation de l’histoire à atteindre une Coupe du Monde. Cet archipel atlantique d’environ 600 000 habitants s’est qualifié l’année même où il marquait cinquante ans d’indépendance vis-à-vis du Portugal. Aucun budget marketing n’aurait pu écrire ça. Il suffisait à l’équipementier que son nom figure sur le maillot à l’arrivée dans le tournoi.

La presse sportive a présenté cet accord comme l’avènement de Capelli et s’est concentrée sur la présentation du maillot. Cette lecture va dans le mauvais sens. Le maillot est un outil commercial pointé vers le bas, vers le secrétaire de club qui peut désormais s’approvisionner auprès de la marque qui équipe une nation en Coupe du Monde. La notoriété se trouve au sommet du jeu ; les factures, elles, se trouvent tout en bas.

Et le maillot représente la moindre partie de ce qui a été signé. Le contrat de quatre ans couvre les tenues de match, les équipements d’entraînement et les vêtements de voyage. Il a remplacé une marque autrichienne que la plupart des supporters n’ont pas remarqué partir. C’est le même contrat que Capelli rédige pour un club amateur, avec un drapeau cousu dessus. Le maillot n’est pas le produit — c’est la publicité pour ce produit.

Le business amateur est le plus durable, car il ne repose pas sur le sponsoring et n’attend pas. Capelli vend directement aux clubs, si bien qu’une commande de maillots pour la saison devient un chiffre d’affaires dès l’expédition. Les clubs repassent commande chaque saison, quel que soit le résultat sur le terrain.

Le tournoi se termine en juillet. Les commandes de maillots des clubs amateurs qu’aucun diffuseur ne citera, elles, ne se terminent pas — et c’est l’entreprise que Capelli a toujours été.