Sourcing

Le Sommet de la Laine demande aux marques de financer la politique industrielle

Le Great British Wool Revival Summit, qui se réunit le 20 mai, demande aux marques de financer ce que vingt ans de négligence politique a rendu trop lourd pour elles. La demande des marques peut soutenir un plancher de prix ; elle ne peut pas reconstruire une économie de la fibre.

A crab in tweed at a podium in a Scottish country house, addressing brand executives and sheep farmers, with bales of fleece nearby and a closed mill visible through a window

Sir John Crabstone

Le Great British Wool Revival Summit se réunit à Dumfries House le 20 mai pour demander la bonne chose à la mauvaise personne. Les marques sont invitées à financer ce que vingt ans de négligence politique a rendu bien trop lourd pour elles. La provenance n’est pas ici une question de marketing ; c’est une relance industrielle habillée en tweed.

Le déclin n’est pas marginal. Les prix de la laine britannique sont passés d’un équivalent RPI de 14 livres le kilo en 1955 à moins d’une livre en 2015, pour ne remonter qu’à 1,21 livre en novembre dernier. La revue British Wool de 2022 fait état d’un retour moyen au producteur de 33 pence en 2019. La Grande-Bretagne produit la fibre et l’expédie en Chine pour y effectuer le travail qui appartenait autrefois au Yorkshire.

Le Fashion Roundtable de Tamara Cincik, en collaboration avec The King’s Foundation, a développé le programme Modern Artisan avec YNAP comme partenaire de distribution. Cincik a décrit au Farmers Guardian son rôle comme celui de combler « la lacune systémique en soutenant la production locale, les pratiques régénératives et des chaînes d’approvisionnement entièrement traçables. » L’initiative GBWR plus large attire des noms patrimoniaux — Burberry et Mulberry, notamment — mais les acheteurs en volume qui déplaceraient des tonnages sont absents. Une capsule patrimoniale est une belle chose. Ce n’est pas une usine de lavage.

La demande des marques peut soutenir un moulin de Galashiels pendant une saison. Elle ne peut pas reconstruire les capacités de peignage ni rétablir les autorisations environnementales que requièrent les infrastructures de lavage. FashionUnited rapporte que la laine a atteint en novembre dernier son prix d’enchère moyen le plus élevé en neuf ans ; le secteur de la transformation qui sous-tend cette reprise reste fragilisé. Lorsque Cincik souligne que les éleveurs paient encore plus cher pour tondre leurs brebis qu’ils ne gagnent avec la toison, le déficit pointé est structurel. Les collections capsules ne comblent pas les déficits structurels.

Une industrie lainière rebâtie sur des budgets marketing est à un mauvais trimestre de disparaître à nouveau.

Le sommet se réunit à Dumfries House parce que le Roi consacre depuis deux décennies son patronage à ce que Whitehall a négligé. La Campaign for Wool, lancée sous le prince de Galles de l’époque en 2010, est l’une de ces initiatives ; les programmes de la King’s Foundation en sont d’autres. C’est un soutien utile, et embarrassant. Un monarque qui comble le vide laissé par la stratégie industrielle, c’est le compromis britannique dans sa forme la plus nue : la charité là où devrait siéger la politique. L’Italie protège sa soie ; la France encadre son lin. L’Australie a construit les dispositifs de classement et de commercialisation qui rendent sa production lainière négociable à l’échelle mondiale.

Les programmes d’Innovate UK entre 2022 et 2024 esquissent l’architecture d’une vraie réponse sans la fournir. Cette réponse, ses contours sont déjà lisibles : subventions en capital, permis de lavage, quotas d’achat public. Les marchés publics pourraient spécifier de la fibre britannique dès demain ; ils ne le font pas. Une relance de la laine adossée aux capsules Burberry ne survit qu’au bon vouloir du prochain directeur général. La Grande-Bretagne n’a rien exigé depuis vingt ans.

Le travail de mise en relation entre éleveurs et artisans mené par Cincik est admirable. C’est aussi la preuve d’un effondrement. Le système nécessite des présentations individuelles parce que les structures qui géraient autrefois ces connexions ont été laissées dépérir. Les organisateurs du sommet méritent d’être salués pour avoir nommé cette reconstruction comme une question d’infrastructure plutôt que d’esthétique. Ils ne peuvent cependant pas convaincre Whitehall en vendant des manteaux en tweed. Cette conversation n’a pas encore trouvé son interlocuteur.