Market Structure

Paris a accueilli le salon du commerce européen. Le thème venait de New York.

Une association professionnelle américaine a rebaptisé Paris Retail Week et organise désormais le marché européen des technologies du commerce, sous un thème que New York avait déjà utilisé en janvier. Trois piliers ont structuré le programme parisien ; l'obligation de transparence de l'UE entrée en vigueur six semaines plus tôt n'en faisait pas partie.

Des ouvriers sur une échelle fixent un grand sceau portant l'inscription 'NRF Washington D.C.' au-dessus d'une enseigne gravée 'Paris Retail Week', sous une banderole annonçant Retail's Big Show Europe.

Sir John Crabstone

Le marché européen des technologies du commerce s’est réuni la semaine dernière à Paris, sous un nom détenu à Washington. Retail’s Big Show Europe s’est tenu du 15 au 17 septembre à la Porte de Versailles : 525 exposants, 200 intervenants, 12 000 visiteurs attendus. Celui qui organise un marché décide lesquels de ses problèmes comptent comme résolus.

Rien n’a été fondé. La National Retail Federation et Comexposium ont rebaptisé Paris Retail Week en 2025 ; l’édition 2025 se tient à la Porte de Versailles, en septembre, sous la houlette de Comexposium. Seuls le papier à en-tête et le programme ont changé de mains.

La presse professionnelle a salué l’événement comme si l’Europe venait d’acquérir son propre salon du commerce, ce qui suppose d’oublier celui qu’elle possède déjà. EuroShop a attiré plus de 81 000 visiteurs professionnels et 1 840 exposants à Düsseldorf en février, pour sa soixantième édition. Il se tient une fois tous les trois ans et son champ d’action couvre l’agencement et le design de magasin, et non l’agenda de l’IA agentique que revendique désormais Paris. Même mesuré selon ses propres critères, plus restreints, Paris n’attire que douze mille visiteurs et continue pourtant de s’arroger l’article défini.

L’édition parisienne s’est déroulée sous le thème « The Next Now », qui présentait l’Europe comme un précurseur plutôt que comme une simple adaptatrice des tendances mondiales.

Trois piliers portaient le programme : l’IA agentique et le service client, la communauté et les influenceurs, et le licensing. Un pilier décide de ce qui obtient une salle, et donc de ce qui n’en obtient pas.

Le précurseur s’est vu confier un thème dont New York avait déjà fini de se servir en janvier.

C’est à New York que le secteur se compte. L’édition de janvier a attiré 41 000 visiteurs venus de 100 pays et 1 025 exposants, et le calendrier se poursuit avec Singapour, puis Paris, puis Riyad en mars 2027. Paris n’est que la troisième étape d’un circuit dont le siège se trouve ailleurs.

L’unique problème de technologie commerciale proprement européen de cette année n’a eu droit à aucun pilier. Depuis le 2 août, la loi européenne exige qu’un client soit informé lorsqu’il s’adresse à une machine — une obligation de transparence que le Digital Omnibus a maintenue tout en repoussant à décembre 2027 les échéances relatives aux systèmes à haut risque. Paris a ouvert ses portes six semaines plus tard avec le service client agentique en tête d’affiche.

Le directeur général de Comexposium, Arnaud Gallet, a qualifié la première édition parisienne d’étape décisive dans la création d’une plateforme européenne dédiée à l’innovation dans le commerce. Cette plateforme a été nommée à Washington et thématisée à New York. Ce n’est pas une plateforme européenne — c’est une plateforme américaine avec un bail parisien. Les distributeurs européens caleront leurs budgets systèmes 2027 sur ces trois piliers. La sixième liberté — savoir qu’on s’adresse à une machine — est déjà inscrite dans la loi, et personne au programme parisien n’a songé à lui accorder une scène.